Pourquoi demander des aides ?

Pourquoi demander des aides ?
© Grapestock - Marc Chesneau


La question peut surprendre, voire apparaître totalement saugrenue. Et la réponse semble dans la question : parce que l’on a besoin d’être aidé ! Paradoxalement, demander des aides c’est, en plus de pouvoir réaliser ses projets, rentrer de plain-pied dans le secteur professionnel.

Que l’on soit artiste autoproduit en démarrage, responsable d’un label ou bien producteur de spectacles, mettre en œuvre des projets coûte de l’argent. Et ce, quelle que soit la taille de ceux-ci, la notoriété des artistes concernés et les ambitions qui les sous-tendent. Il faut être en capacité d’investir de l’argent, et même la plus grande partie des sommes nécessaires. L’aide, d’où qu’elle provienne, ne peut former que le complément d’un financement déjà acquis. Mais bien souvent, un coup de pouce est le bienvenu.

Comme le précise l’équipe de l’action artistique de l’Adami (Société civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes), demander des aides permet « tout simplement de renforcer financièrement une production afin qu’elle puisse se dérouler dans les meilleures conditions, en garantissant notamment la rémunération des artistes selon la législation en vigueur (montant des cachets et paiement des répétitions par exemple). » Il est toujours bon de rappeler que la plupart des aides sont fournies en échange de garanties du respect de la légalité : déclaration des musiciens, cotisations sociales, etc…

Structuration et professionnalisation

Que la demande d’aide soit adressée à une collectivité territoriale ou à l’Etat, ou encore a une structure professionnelle, la première exigence est la même. Il faut être structuré légalement. Les aides ne sont attribuées qu’à des projets appuyés sur une entité juridique. Et, comme le rappelle Aude Tillette, chargée de mission au Bureau export, « le porteur du projet doit faire partie de l’entourage professionnel de l’artiste. » Si cela peut apparaître évident pour les structures ou artistes déjà établis, ce ne l’est pas forcément pour celles et ceux qui débutent dans la filière. Même pour un petit projet, qui adresse sa demande au service culturel d’une mairie, le statut associatif est le minimum requis.

Entrer dans une démarche de demande d’aide, c’est obligatoirement se structurer et donc se professionnaliser. Paradoxalement, c’est apprendre, connaître et se conformer aux règles qui définissent un secteur. Bien évidemment, dans l’objectif d’en faire pleinement partie.

Connaître les acteurs en présence

Demander des aides va aussi obliger à se renseigner sur quels sont les structures qui aident, pourquoi et selon quels critères elles attribuent des subventions. A partir de là, il sera nécessaire de comprendre les logiques d’intervention de ceux que l’on sollicite. Même lorsqu’il s’agit de guichets, il n’en sont pas moins la résultante d’une réflexion propre aux structures qui les portent. Ceci est vrai pour tous les cas de figure et, pour prendre l’exemple des pouvoirs publics, les objectifs d’une Drac ou d’un conseil régional peuvent être tout à fait divergents, voire varier dans le temps. De même, le bureau qui distribue des aides peut n’être qu’un département d’une structure dont la vocation générale conditionnera aussi bien la logique que la méthode d’attribution du soutien. Se professionnaliser, c’est aussi connaître et reconnaître les acteurs de son secteur professionnel. Cela permet de se faire une représentation des forces en présence, qui va permettre d’avoir une idée claire des programmes potentiellement sollicitables, en fonction du stade de développement d’une structure et/ou d’un projet.

Etre aidé, être reconnu ?

C’est là un autre effet qui peut paraître surprenant de prime abord. Mais si un projet est aidé, cela veut dire que les pouvoirs publics ou le secteur professionnel croient en l’intérêt d’investir sur celui-ci. C’est une forme de reconnaissance : d’utilité sociale et culturelle pour les collectivités, artistique pour les organismes professionnels. La plupart des artistes ou leur entourage professionnel souligne les bénéfices indirects des aides perçues. Au-delà de permettre qu’un projet se passe dans de bonnes conditions, c’est un gage de sérieux. Qui peut permettre de faciliter les démarches futures. Si une instance a estimé qu’un projet était digne de confiance et d’intérêt, il sera un peu plus facile de convaincre lors des futures demandes.

A quel moment solliciter une aide ?

L’on pourrait se dire que les aides sont réservées aux seuls professionnels, ou du moins aux projets les plus avancés, ou ayant déjà fait parler d’eux, ou bien aux nouveaux artistes de structures déjà identifiées. Mais la diversité des aides existantes en France peut couvrir l’ensemble d’une carrière, de l’émergence locale au soutien à l’export. Si les programmes des organismes professionnels sont réservés plutôt aux professionnels, l’équipe de l’Adami explique : « il est possible de solliciter des aides à différents moments de son développement. Lorsqu’on est le plus fragile évidemment, en début de carrière. Mais les carrières n’étant pas linéaires, ce peut être également une aide au redémarrage ou un soutien ponctuel sur un projet artistique original et ambitieux, donc lourd financièrement. » Pour les plus petits, pas d’inquiétude, le site Mon projet musique montre bien l’amplitude, à la fois des montants d’aide et des critères d’attribution. Du conseil général à la Sacem, de l’aide à l’autoproduction jusqu’au vidéoclip, il y en a pour tous les budgets, et tous les niveaux de développement et de rayonnement d’un projet. Il n’y a plus qu’à se plonger dans les dossiers !