Sébastien Zamora, fondateur et gérant de Zamora Productions

Pouvez-vous présenter Zamora productions ?

Zamora productions est née en 1995, initialement pour le management du groupe Aston villa. Cette expérience, à 360 degrés, a fortement marqué et influencé la vision de la boite, et la mienne. J’ai donc développé plusieurs activités. A côté de Zamora Productions, il existe ZamZama, pour les musiques du monde, dans lequel on trouve le Trio Joubran, Christine Salem, Dom LaNena… Ce type d’artistes tourne dans le monde entier, à raison de 60 à 80 dates par an, dont la moitié en France.. Nous avons aujourd’hui une vingtaine d’artistes dans notre catalogue, dans des registres très différents. Nous travaillons en France et à l’étranger. Une partie importante de notre catalogue est composée de chanson française, avec des artistes comme L, Bastien Lallemand, Clarika, Vincha, Lisa Portelli, Paris Combo, Zoufris Maracas, Les Blérots de Ravel ou encore notre dernière signature, un slammeur marseillais : Nevchehirlian. Nos avons enfin un  pôle blues rock folk, en français ou en anglais, avec des artistes comme Piers Faccini, Nadéah, Gaël Faure, Aaron, Pony Pony Run Run, et depuis cette année Moriarty.

Nous avons également une autre entité, Zamora label, qui fait du management et propose des activités de production, d’édition et de développement. C’est le cas de Moriarty, mais aussi de Klô Pelgag, une jeune québécoise, dont l’album sort en mars prochain. L’Adn de Zamora, c’est de travailler avec tous les réseaux. Moriarty en est un bon exemple , ils tournent autant sur des scènes nationales qu’avec des associations rurales, des gros festivals de rock ou dans des musées…

Quelles sont les raisons qui vous décident à signer un artiste ?

Il existe une multitude de raisons, mais il y a deux éléments qui sont pour moi fondamentaux : la proposition artistique, son originalité, sa qualité, sa profondeur, et la vision de l’artiste, comment celui-ci se projette, comment envisage-t-il sa carrière, où il souhaite aller. Les artistes qui ont une vision, des intuitions sur leur carrière, et qui sont capables de les formuler, de les expliquer, et qui se donnent les moyens pour les mettre en œuvre, ont une avance considérable sur les autres. Cela nécessite une discipline, qui rejoint un peu l’utilisation que les sportifs de haut niveau font de la sophrologie, en visualisant mentalement les objectifs. 

Il faut donc que les artistes soient déjà très impliqués dans leur développement ? La starlette d’autrefois, qui attend que l’on s’occupe d’elle, ce n’est pas pour vous ?

C’est surtout une attitude d’un autre temps, plus du tout en phase avec l’époque et la situation actuelle. J’ai travaillé avec des artistes de ce type, mais aujourd’hui je n’en veux plus. C’est une perte de temps et d’énergie. Et ce n’est pas une question d’âge. Contrairement à ce que l’on entend parfois, les jeunes groupes ou artistes sont souvent plus impliqués dans leur développement et leur gestion de carrière. On sent assez vite quand un artiste se donne les moyens et s’implique dans sa professionnalisation.

Y a-t-il des prérequis obligatoires ?

Pas nécessairement. Il m’est arrivé de signer des artistes qui n’avaient jamais fait de scène ! C’était le cas d’Aaron, mais il y avait un entourage, une stratégie…Et un travail déjà considérable réalisé par la manageuse. Je peux très bien signer des projets très « verts », mais il est évident que cela demandera plus de travail et d’implication, de la part de tout le monde. Les contrats ne seront pas les mêmes. Nous avons beaucoup d’artistes en développement dans notre catalogue, notre but, c’est d’en faire des têtes d’affiche. Après, c’est un équilibre global de structure à trouver : je ne peux pas me permettre de prendre trop de projets à développer en même temps.

Quels conseils pourriez-vous donner aux artistes qui chercheraient à démarcher un tourneur ? Faut-il nécessairement être signé chez un label ?

Ce n’est pas obligatoire, les projets que nous signons peuvent être autoproduits, mais il faut qu’il y ait une proposition sur scène déjà aboutie, maîtrisée artistiquement, et qui ait déjà construit un public.

Pour intéresser un tourneur, il y a, à mon sens, deux choses importantes. Cela peut paraître bateau, mais il faut un projet artistique original et accrocheur. Je conseillerais donc aux artistes de réellement creuser cet aspect, de travailler en profondeur leur projet et leur univers. Il faut identifier les éléments qui font l’originalité d’un projet,  pour les travailler de façon exigeante, et les renforcer.

Ensuite, les outils de présentation. Nous sommes aujourd’hui dans un monde d’image, de vidéo. Il faut envoyer des présentations claires, concises, avec de beaux visuels, et qui racontent une histoire. Les projets qui marchent le mieux sont ceux qui se laissent appréhender, dans lesquels on pénètre sans effort. Si les artistes sont capables de transmettre simplement, et rapidement, quelques éléments saillants qui construisent leur univers, raconte une histoire, c’est ensuite beaucoup plus facile pour des professionnels de suivre.

Après, de nombreux facteurs différents entrent en ligne de compte, de la notoriété de l’artiste à l’envie du tourneur…

Avez-vous besoin de voir les groupes sur scène avant de les signer ?

Évidemment, que ce soit moi ou un de mes collaborateurs, c’est une nécessité de voir les groupes sur scène avant de les signer. Il faut que nous soyons touchés, emballés, convaincus par un concert, c’est le minimum !

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