Gaël Cordon, chargé d’information ressource – Le Jardin moderne, Rennes

 Pouvez-vous présenter le Jardin moderne ?

Le Jardin moderne est un outil d’aide à la création qui regroupe des studios de répétition, un studio d’enregistrement, une salle de concerts qui peut aussi servir pour du filage et de la mise à disposition. Il y a également un café culture qui accueille des expositions. Nous sommes également organisme de formation et nous avons un centre ressource, ainsi qu’un cluster associatif.

Que faites-vous au centre ressource ?

J’accueille les demandes des porteurs de projet, en physique du mardi au vendredi, mais aussi par téléphone ou par mail. Notre public est très varié, du groupe amateur qui cherche des dates de concert à l’artiste professionnel qui a des questions précises sur la législation, ou qui souhaite être conseillé sur un contrat.

Justement, quelles sont les demandes les plus récurrentes ?

La plupart du temps, il s’agit de questions relatives à la législation, du spectacle ou du disque, mais aussi sur la protection des œuvres, sur l’opportunité d’adhérer à une société civile. Nous sommes également beaucoup sollicités sur tout ce qui touche à la structuration, notamment la constitution d’association. Les demandes de mise en relation ou de découverte des acteurs de la filière musicale sont également récurrentes, qu’il s’agisse de structures de production de disques ou de spectacles. D’une manière générale, les porteurs de projet souhaitent connaître les acteurs, qu’ils soient locaux ou nationaux. Connaître son environnement, les acteurs qui le composent, c’est une démarche nécessaire pour se professionnaliser. L’erreur commise souvent par les porteurs de projet, c’est de penser que nous sommes un lieu de diffusion.

L’entrée se fait par le café culturel, qui est un lieu convivial, d’exposition, de restauration. Et très rapidement, ceux qui souhaitent avoir des informations viennent au centre ressource. C’est la première porte vers le professionnalisme, pour comprendre quels sont les acteurs, les règles, le fonctionnement, et de situer son projet au milieu de tout ça.

Vous conseillez également des personnes qui souhaiteraient monter un label, ou organiser des spectacles ?

Nous sommes identifiés dans le domaine de la musique sur Rennes comme un lieu de conseil pour tout type de projet en rapport avec la musique. Nous sommes ainsi conventionnés avec le Conseil Général dans l’accompagnement d’artistes bénéficiaires du RSA par exemple. Diverses structures comme la CCI orientent vers nous des personnes souhaitant créer une activité, au delà même du champ strict de la musique, comme des graphistes ou des futurs gérants de café-concerts.

Quels sont les autres dispositifs dans lesquels vous êtes présents ?

Outre la participation à différents jurys ou bourses, nous portons, avec les trois principales salles rennaises, un dispositif d’accompagnement de trois groupes par an, dont certains passent par les Transmusicales. Nous identifions les besoins des groupes et leur proposons des temps de formation et d’information adaptés aux artistes ou leur entourage.

Le premier travail, c’est identifier les besoins des demandeurs ?

Le premier travail, c’est écouter et comprendre la demande. Ensuite, nous creusons pour analyser l’ensemble du projet, et amener le porteur à élargir sa vision, pour se poser les bonnes questions, et trouver là où sont les réponses. Nous pouvons d’ailleurs renvoyer vers d’autres interlocuteurs. La question de l’enjeu amateur ou professionnel se pose également pour trouver la réponse la plus adaptée. La ressource, c’est évidemment répondre aux questions, mais aussi en générer de nouvelles, et souvent faire preuve de réalisme. Ce qui peut refroidir certains artistes, mais c’est un travail nécessaire. Un groupe qui souhaite se professionnaliser aura, à un moment ou un autre, besoin de venir, ou de revenir nous voir, pour se former ou rencontrer d’autres acteurs.

Quels sont les types de demandes que vous adressent les professionnels ?

C’est là aussi très varié. Ce sont souvent des questions spécifiques). Cela concerne l’identification précise d’acteurs, de partenaires ou des questions sur leurs dossiers d’intermittence ou de demandes d’aides. Il faut aussi être en mesure d’adapter les réponses, et le langage : on ne s’adresse pas de la même manière à un artiste, un chargé de production ou un entrepreneur de spectacles.

Quels conseils pourriez-vous donner à un porteur de projet qui souhaite se professionnaliser ?

La première chose, c’est d’amener les gens à bien comprendre le fonctionnement du secteur, et à se conformer à ses règles. Il existe d’ailleurs des projets amateurs qui font preuve de beaucoup de professionnalisme, et des projets professionnels qui fonctionnent comme des amateurs. Il faut leur faire comprendre qu’il faut se mettre dans une dynamique exigeante, un rythme de travail, qu’il faut constamment travailler pour développer son réseau. Le niveau de professionnalisme ayant augmenté chez les amateurs, les pré requis, si je puis dire, pour les professionnels ou ceux qui aspirent à le devenir, sont donc assez élevés. Faire preuve de professionnalisme, c’est aller bien au delà du simple travail artistique !

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