Frédéric Lombard, Conseiller musique – Drac Centre

– Quel est le cadre d’action d’une Drac en matière musicale ?

Toutes les Drac inscrivent leurs interventions dans le cadre d’une politique définie au niveau national, adaptée aux spécificités de chaque région. La Drac peut être financeur majoritaire, mais c’est assez rare. La logique est aux financements croisés, toujours en lien avec les collectivités territoriales.

On peut dégager deux catégories principales d’intervention, si l’on met à part l’enseignement. D’abord le soutien aux institutions dédiées à la création, labellisées par l’État. Dans le domaine musical, ce sont les opéras et les Centres nationaux de création musicale, pour la musique contemporaine. Ensuite, il y a un soutien aux institutions labellisées dédiées à la diffusion : les Smac, les scènes nationales, dont la programmation laisse une place aussi aux musiques actuelles. Il y a aussi un soutien sur les scènes conventionnées, sur des projets spécifiques. Nous en avons plusieurs en région Centre.

– Quelles sont les interventions auprès des équipes artistiques ?

Il existe une procédure directe d’intervention auprès des équipes artistiques professionnelles indépendantes. Nous soutenons des ensembles musicaux ou vocaux professionnels, pour ce qui concerne leurs activités de production, de création et de diffusion. C’est une procédure pyramidale si je puis dire. La première entrée, c’est l’aide au projet. Nous soutenons une production, nous donnons les moyens de réaliser un projet : rémunérer les répétitions, temps d’écriture, etc. Nous soutenons la production en temps que telle, et pas la diffusion. Ce qui est jugé avant tout, c’est l’artistique. Ce sont des aides sans exclusive esthétique. On peut aussi bien soutenir des ensembles de musique ancienne que des projets dans le champ du jazz ou des musiques actuelles.                                                         

Il y a ensuite une aide qui s’inscrit dans un cadre pluriannuel, l’aide à la structuration. On est présent sur l’ensemble des activités : création, production et diffusion, pour permettre à un ensemble qui commence à rayonner de se structurer.

Le dernier niveau, c’est le conventionnement. On aide là aussi la totalité des activités de la structure, sur 3 ans.

– Quels sont les montants des aides accordées ?

Il existe des planchers d’intervention conseillés : pour l’aide au projet, c’est 9 000 euros, pour l’aide à la structuration, c’est 22 000 euros sur 3 ans maximum, et le conventionnement présente un plancher de 150 000 euros sur les 3 ans.

Toutes des dispositions se font sans exclusive esthétique. Nous avons par exemple deux ensembles de jazz conventionnés, l’ensemble Diagonales de Jean-Christophe Cholet, et celui de Bruno Régner. Sur l’aide à la production ou à la structuration, on a par exemple aidé Ezekiel.

– Comment se font les sélections ?

Nous réunissons un comité d’experts variés, nommés pour 3 ans. Autour de la table, on peut trouver aussi bien des directeurs de conservatoire, des directeurs de scènes nationales, qu’un programmateur de Smac ou un directeur d’école associative jazz et musiques actuelles… Nous essayons de diversifier les regards, avec des acteurs régionaux, et des personnalités hors région. Ce comité d’expert rend à la Drac un avis consultatif, pas sur les montants, mais sur l’opportunité ou non de soutenir un projet. In fine, le pouvoir de décision revient au préfet.

– Quels sont les pré requis pour bénéficier d’un soutien ?

Il faut que l’activité de production et de création soit inscrite sur le territoire de la région Centre. Les candidats doivent remplir un dossier administratif, avant la fin du mois de novembre. Le comité consultatif se réunit en mars. Il faut que les demandeurs soient structurés professionnellement, être le cas échéant détenteurs de licences d’entrepreneurs de spectacles, respecter la législation…Ensuite, nous conseillons aux porteurs de projets de rencontrer les conseillers en Drac avant de déposer leur demande. Il y a une notion de conseil et d’orientation importante à cette étape. Ce n’est pas rendre service à un projet que de le présenter alors qu’il est trop « vert » ou qu’il ne présente pas les garanties minimums de sérieux et de solidité. Les dossiers de demande ne sont pas des dossiers simples. Ils doivent contenir des éléments précis sur la conduite du projet. Même si la demande ne concerne pas  l’aide pas à la diffusion, nous attendons qu’il y ait un minimum de diffusion assurée derrière.

– Quelles sont les obligations des bénéficiaires ?

Les seules obligations formelles sont celles liées à la communication. On demande à ce que soit fait mention du soutien de l’Etat. Après, nous demandons qu’il y ait au moins des premiers éléments d’exposition publique avant le mois de février de l’année n+1.

– Les Drac ne soutiennent pas la production phonographique ?

Une aide à la production peut inclure dans son budget un enregistrement, mais nous ne soutenons pas une production discographique au sens strict. Il existe des institutions ou des sociétés civiles dédiées. Un projet peut inclure une fixation sur support, mais ce ne peut être le projet central. Notre vocation première est de soutenir le spectacle vivant, donc des artistes au plateau.

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